Papy-boom, cession d’entreprises, et financement, tout un programme !

Papy-boom, cession d’entreprises, et financement, tout un programme !

Catégorie : Sujets divers | Publié le 21/12/2016 | Il y a

600 000 entreprises seront bientôt à vendre du fait de l’âge de leur dirigeant. Un véritable enjeu économique vers lequel convergent plusieurs volets.

Le volet financier

D’après Fabrice PESIN, médiateur du crédit et Président de l’Observatoire National du financement des entreprises "trop de repreneurs sous-estiment la difficulté de monter un dossier de financement pour reprendre une entreprise".

On peut constater que le financement du rachat des entreprises a tendance à devenir de plus en plus complexe. Bien que le crédit bancaire reste l’outil majoritaire de financement, les banques ont tendance à vouloir partager les risques.  On note un penchant vers le cofinancement des dossiers. Fabrice PESIN confirme d’ailleurs que « même pour des opérations de 450 à 500 000 euros, une banque n’y va plus seule ». Le crowdlending apparaît donc plus que jamais comme une véritable solution de cofinancement. Qui, plus qu’aucune autre, répond à cette notion de partage des risques étant donné la multiplicité des prêteurs à un même projet.  Cependant cela nécessitera des adaptations contractuelles.
L’évolution récente de la règlementation du financement participatif avec le décret 2016-1453 du 28 octobre dernier a introduit un nouvel outil, les minibons, un bon de caisse revisité spécifiquement pour la finance participative. L’usage des minibons, qui va sans nul doute se multiplier, n’abrogera pas  les autres formes de prêts. Ainsi l’émission d’obligations ou le prêt plus conventionnel, amortissable. Selon le mix qui pourra composer un financement et la juxtaposition des acteurs, il est probable que les banques accepteront plus facilement la présence d’investisseurs privés à leurs côtés si elles peuvent conserver un rang de créancier sénior. La nécessité d’une convention de subordination apparaît donc comme une condition au cofinancement banques et privés.

Le volet humain

On constate que les banques portent une attention de plus en plus accentuée au profil des demandeurs. Une antériorité dans l’activité concernée pondèrera beaucoup plus favorablement la demande. Un ancien salarié ou un dirigeant qui connaît bien l’entreprise et son environnement aura donc forcément plus de chance de se voir octroyer un crédit qu’un candidat inexpérimenté.
Fabrice PESIN a par ailleurs un avis sur la question du profil du candidat à la reprise d’une entreprise et sur ses capacités d’adaptation: « Reprendre une entreprise de 3 ou 4 salariés peut s’avérer risqué pour l’ex-cadre dirigeant d’une grande société, qui avait, auparavant, l’habitude de déléguer les formalités administratives, juridiques, sociales, ... /…  De manière générale, un chef d’entreprise viellissant investit moins et est souvent moins à l’aise sur les sujets comme la transition numérique, la présence sur les réseaux sociaux ou l’utilisation du big data pour mieux cibler sa clientèle. C’est un cercle vicieux : moins il y a d’investissements, plus la valeur de l’entreprise chute et moins sa vente sera susceptible de se faire. »
On peut comprendre alors qu’un test psychométrique destiné à cerner la capacité décisionnelle puisse être un véritable outil complémentaire pour un comité de crédit. PrêtStory, plateforme de crowdlending a d’ailleurs amorcé des travaux en ce sens grâce à la présence dans son équipe de deux universitaires, qui mettent en commun leur connaissance pour le calibrer.

L’accompagnement, et la pédagogie, sont également primordiaux. Et font l’objet d’un troisième volet.

Le volet accompagnement et conseil

Il est de plus en plus établi que les difficultés auxquelles sont confrontés les candidats à la reprise d’une entreprise, voire à la création, doivent impérativement s’entourer de conseillers et de spécialistes en vue de monter un dossier « béton » susceptible de mettre en confiance les investisseurs, banques et autres acteurs.
L’association de ces compétences dans un même pôle, leur coordination,  est un challenge qui s’impose. Cela passe impérativement par une collaboration intelligente et diligentée. Il en va de la vitalité de notre économie.

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