Financement participatif, l'avenir de l'économie ?

Financement participatif, l'avenir de l'économie ?

Catégorie : Crowdlending, Crowdfunding, | Publié le 20/10/2015 | Il y a

En 2014, le marché de la finance alternative a augmenté de 144% en Europe (étude Univ. Cambridge, 2015). Certains parlent de 3e Révolution Industrielle (cf. Rifkin), d’autres accusent d’avoir vendue la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Le crowdfunding, effet de mode ou avenir pour notre économie ?

La fin du monopole bancaire

Dans la logique capitaliste, les banques jouent le rôle central : elles sont l’intermédiaire par lequel l’argent qui « dort » devient « actif » et ainsi génère profit et développement. Mais dans cette équation simpliste se sont glissés les rapports de pouvoirs, d’intérêts, des monopoles, la géopolitique … Mais qu’en est-il si on arrête de transiter par les banques ?

Le développement du Web va permettre de développer les alternatives dans une toute nouvelle dimension. L’économie participative rend compte également d’une critique du système tel qu’il était. L’économie est sans doute politique, s’en saisir la rend citoyenne.

Les spécificités : clarté et rapidité d'action

Tout d’abord, le crowdfunding répond à un besoin de transparence. L’entreprise explique comment elle va mettre en place son projet et le participant sait comment est utilisé son argent, et peut le placer sans « frais cachés ».

Les plateformes de « mise en contact » accélèrent le rythme. Les sites donnent des réponses rapides, n’acceptent que les campagnes de financement relativement courtes et garantissent donc un mise à disposition des liquidités rapide.

Vers une "démocratie économique" ?

C’est aussi donner sa chance aux non-initiés. Le libéralisme promet la liberté d’action, mais il s’est accompagné d’énormément de lois et normes à respecter, confortant la place des « grands ». Par l’appel aux particuliers, l’entrepreneur réduit les lourdeurs administratives et se permet de casser les schémas.

La finance participative, c’est aussi une variante de démocratie directe. Les projets qui se font financés sont perçus comme viables, mais aussi souvent comme « désirables ». Le donneur, ou prêteur, place aussi son argent dans des projets qui lui plaisent et impacte la société dans laquelle il évolue.

C’est aussi le début de nouveaux critères de réussite. Les « débutants » n’ont plus à se soumettre aux réticences des banques : ils peuvent s’appuyer sur leurs égaux. Que l’économie soit une science ou non, là n’est plus le débat ; la question se situe dans l’attrait que peut représenter le projet entrepris.

Si les banques bien réelles injectent l’argent dans un système boursier virtuel avec des complexités sans fins, le Web avec le crowdfunding sans « lieux » a des conséquences bien réelles dans les entreprises et collectifs, voisines parfois.

La finance participative comme Révolution, nous n’avons sûrement pas le recul pour en juger. Mais c’est un petit plus pour l’économie, un grand pas pour la société !

 

Source : Wardop, R., Zhang, B., Rau, R. & Gray, M. (2015)“Moving Mainstream. The European Alternative Finance Benchmarking Repport.” – © University of Cambridge and EY. 

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