Démocratiser le Crowdlending, une question de temps...

Démocratiser le Crowdlending, une question de temps...

Catégorie : Crowdlending, Crowdfunding, | Publié le 23/08/2016 | Il y a

Presque 2 ans après le décret du 16 septembre 2014 voué à réglementer le crowdfunding, et plus précisément le crowdlending, PrêtStory vous propose de se pencher sur sa "démocratisation" ...

Ce court billet n’a pas pour objectif de dresser un bilan sous forme de statistiques quant à l’intrusion de ce nouveau mode de financement « citoyen », mais plutôt justement d’en mesurer sa perception par la société, sa viralité et surtout ses perspectives d’évolution dans un avenir plus ou moins proche.

Pour ceux qui n'en aurait pas vraiment entendu parler, c’est par ce terme de "crowdlending" que l’on désigne dans la langue de Molière ce nouveau mode de financement qui déroge au monopole bancaire, ce qui en soi est une révolution. Aussi disruptive qu’inévitable.

42 millions d’euros ont permis de financer plus de 400 projets d’entreprises sur les six premiers mois de l’année en cours via le crowdlending. Cela témoigne d’une véritable envolée du crowdlending puisque c’est plus de 3 fois le volume de 2015 sur la même période.

Au vu de ces chiffres, on pourrait penser sans ambages que la mayonnaise est en train de prendre et qu’il suffit d’attendre que le plus grand nombre, et plus principalement, les épargnants, s’approprient ce nouveau mode d’investissement pour que le crowdlending ait une croissance exponentielle. Pas vraiment, car son volume reste cependant encore insignifiant, si l’on s’en réfère à l’encours bancaire des TPE et PME, qui représentait en début d’année 2016 plus de 715 milliards d’euros !

Il n’empêche qu'une véritable conquête du marché du crédit par le crowdlending, pourra se faire d’autant plus rapidement que l’on instaurera une nouvelle vision de l’économie au sein même de notre société. L’entreprise a trop longtemps souffert d’une mauvaise image qu’il convient aujourd’hui de redorer davantage. Il faut donner l’envie réelle aux gens de s’investir dans une dynamique collective en faveur de l’entreprenariat.
Le crowdlending est l'une de ces dynamiques. Parmi les plus efficaces et aux effets immédiats. Il autorise tout un chacun de s’investir dans l’économie en devenant à part entière, et dans la mesure de ses moyens, un véritable entrepreneur de la croissance nationale. La crise que nous traversons depuis la faillite de la banque d’investissement « Lehmans brother » a conduit des centaines de milliers de personnes aux portes de Pôle Emploi. Plusieurs dizaines de milliers d’entrepreneurs se sont levés pour prendre leur destin en main, refusant la précarité et l’incertitude. Ce phénomène inédit a contribué quelque peu à remettre en exergue l’entreprenariat ; une bonne chose. Car l’envie d’entreprendre des uns suscite l’envie de financer des autres. Une tendance quelque peu empreinte de social libéralisme qu’il convient de cultiver car c’est sur elle que repose le principe du financement participatif et sa démocratisation.

Un autre axe majeur du développement du crowdlending passe par un mix des investisseurs. La nouvelle ordonnance du 29 avril dernier va dans ce sens. La création du « minibon », titre d’investissement adapté du bon de caisse, et son entrée en piste à compter du mois d’octobre prochain, va permettre un nouveau démarrage de cette finance numérique « made in France ». En effet, les minibons sont destinés clairement à booster le crowdlending. En permettant notamment aux investisseurs avisés, de s’affranchir de certains plafonds jugés par ces derniers encore trop rédhibitoires. Et plus appréciable encore, ils vont faciliter la participation de fonds privés, personnes morales ou institutionnels, dans les financements, au côté du public. Ce qui renforcera la crédibilité de ce type de placement. Là encore un point de plus en faveur de la démocratisation du crowdlending. Surtout qu’à terme la technologie "blockchain" dans le crowdlending vise clairement à la mise en place d’un marché secondaire du « non coté » sécurisé.

L’investissement prochain du fond « Prêtons Ensemble » dans les financements des projets présentés sur les plateformes de crowdlending, confirme le fait que les institutionnels assurent leur place dans le train de cette finance en devenir. Cela est un gage de crédibilité pour les investisseurs privés, avisés ou non. Et qui devrait les amener toujours plus nombreux sur les diverses plateformes de crowdlending. Suffisamment vite, faut-il l’espérer, pour que le financement participatif ne perde pas sa raison d’être : celle du financement "par la foule ». La juste combinaison des investisseurs est en effet primordiale. D’où la nécessité de « démocratiser » le crowdlending sans trop tarder ! Des actions en ce sens sont attendues ... La fiscalité est une piste qui s’impose…

Serge ROUANET

 

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