Crowdlending, les critères d'accessibilité

Crowdlending, les critères d'accessibilité

Catégorie : Crowdlending, Crowdfunding, | Publié le 08/02/2016 | Il y a

On a souvent tendance à dire que le crowdlending est une alternative aux banques, en cela qu’il permet à certains porteurs de projets de se financer quand les acteurs du crédit traditionnels traînent les pieds. Mais est ce vraiment toujours le cas ?

Certes, une plateforme de crowdlending se doit d’être particulièrement vigilante dans le choix des dossiers qui lui sont présentés, car s’il y a trop de défaillances elle sera vite désertée par les prêteurs. Lesquels sont pour la plupart à la recherche d’une rentabilité.

Investir dans la finance sous entend une nécessaire  connaissance des produits de placements, ce qui n’est pas forcément le cas pour le commun des épargnants. Le prêt participatif offre à l’investisseur lambda un moyen de rentabiliser son épargne en se basant sur les évaluations des projets faites par les plateformes. Il y trouve donc un bon compromis entre rendement et risque, sans qu’il lui soit nécessaire d’être lui-même un expert.

Selon les statistiques fournies par les plateformes de crowdlending, tout au plus 3 % des demandes sont retenues pour être proposées aux investisseurs prêteurs. Ce qui signifie que les critères de sélection des dossiers, sont plus drastiques encore que ceux des banques. Là est le paradoxe. Car au final, on constate que l’on s’éloigne des  fondements même du financement participatif, lequel en théorie doit faciliter l’accès au crédit. Or, pour des raisons évidentes de confiance et de rendement, les plateformes sont tenues de procéder à un véritable tri des demandes qui leurs sont adressées. Et au final, la grande majorité de ces demandes sont encore déboutées.

Cela mérite qu’on se penche quelque peu sur les critères d’éligibilité les plus courants instaurés par les plateformes de  crowdlending. On y observe des similitudes.
- Le premier critère concerne l’ancienneté de l’entreprise qui doit à minima avoir plus de deux ou trois exercices à son actif.
- Le second critère est le montant du chiffre d’affaire requis qui doit parfois être supérieur à  plus de cent mille euros, voire bien au-delà.
Avec ces prérequis  les rangs s’éclaircissent sérieusement dans les entreprises éligibles…

Quid des entreprises de moins de 2 ans d’existence ?
Quid des entreprises qui génèrent des chiffres d’affaires de quelques dizaines de milliers d’euros à peine ? Alors qu’elles peuvent malgré tout dégager des résultats excédentaires ?
Faut-il les exclure du crowdlending ?


Chez PrêtStory, nous pensons au contraire que ce sont celles là qui représentent la cible même de la finance participative et qui doivent être soutenues dans leur développement. En premier lieu parce qu’elles sont à taille humaine, qu’elles font partie de l’économie locale et du paysage. Et surtout parce qu’elles génèrent plus de la moitié des emplois du pays.

Intéressons nous également à toutes ces jeunes pousses qui pour nombre d’entre elles seront les piliers de l’économie de demain.  Faut-il les écarter du crowdlending au prétexte qu’elles n’ont pas d’antériorité financière ? Au seul motif qu’elles présentent une trop grosse part de risque du fait de leur jeunesse ?
Répondre par la négative sans plus de réflexion serait une erreur. Car il existe des critères de sélection complémentaires qui peuvent parfois compenser l’absence de références directes. Ainsi, l’expérience du porteur de projet, ses capacités décisionnelles, le marché visé qui peut être à fort potentiel, de possibles garanties, etc..

Ne perdons pas de vue que la qualité d’une bonne plateforme se jauge à sa capacité à sélectionner de bons dossiers mais qu’elle n’en sera que plus attractive si elle présente un large panel d’entreprises. En partant des entreprises unipersonnelles (auto entrepreneurs y compris), jusqu’aux entreprises à taille moyenne ou plus grande.
L’important c’est que les plateformes fournissent des informations exhaustives sur les projets et qu’elles fixent un score qui va informer les prêteurs sur le degré du risque encouru. Afin qu’ils puissent prêter en connaissance de cause.

Sachant qu’il est fortement recommandé de diversifier ses prêts, sachant que les mises minima sont de quelques dizaine d’euros, on est en droit de s’interroger si au final, on n'oublie pas trop vite que le crowdlending n’est pas sans risque mais qu’il n’en demeure pas moins raisonnable et qu’il est l’un des meilleurs placements du moment. Qui plus est, il plonge le prêteur au cœur même de l’économie, en le faisant participer à l’histoire des entreprises elles mêmes.

En conclusion, à trop vouloir restreindre le champ des éligibles, le crowdlending risquerait de perdre toute sa raison d’être, d'où l'importance d'être dans le juste milieu.
 

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